- baudrier
- Baudrier, m. acut. qu'on dit aussi Baudri, acut. Est un cuir de grain de forte vache, luisant, poli et lissé, et espais, et par apres teint. De telle couleur qu'on veut, qui sont toutes façons du Bauldroyeur, duquel on fait les ceintures, bandolieres, celles des veneurs à porter leurs trompes, et plusieurs autres choses, comme colliers à levriers d'attache et à dogues. Ce cuyr au sortir des mains du taneur est baudrié par le baudrieur, en ceste sorte apres l'avoir mouillé, est par luy à force de bras travaillé, avec un fer quarré emmanché d'une poignée couchée, appelé Estire, pour le vuider de l'eau dont il est mouillé, et puis estant seiché, et lissé avec un rouleau massif de voirre plat par dessous, appelé Lisse, qui est une autre façon à force de bras, et apres y avoir passé l'estamine, et peu d'autre menu appareil, teint de telle couleur qu'on la demande. Et parce qu'anciennement la ceinture où tenoit l'espée dont le nouveau chevalier estoit ceint recevant l'ordre de chevalerie, estoit faite de tel cuir, on a nommé ladite ceinture le baudrier de chevalerie, qui est large, portée par les chevaliers en faits d'armes penduë en escharpe de l'espaule droite sur le costé gauche, à laquelle pend l'estoc ou espée d'armes. Baltheus, ou Baltheum, duquel mot aucuns le veulent tirer, mais ne doit on, Ainsi on dit Baudrier de chevalier et Baudrier de chevalerie. Nicole Gilles en la Chronique De Louys le Debonnaire: Le deposerent de l'honneur d'Empereur, et le contraignirent à mettre sus le baudrier de chevalerie, et mettre les armes Imperiaux sur l'autel S. Sebastien. Et au chap. ensuyvant, Et luy fut derechef mise la couronne Imperiale sur la teste, et ceint le baudrier de chevalerie. Le Baudrier estoit present Royal, et tant estimé, que Charlemagne l'envoya en don à Offlas Roy des Mercieurs, comme appert par les lettres closes de luy addressans audit Roy Offlas rapportées par Matthieu de Westmonstier en son Flores historiarum, en ces mots, Vestrarum dilectioni vnum Baltheum, et vnum gladium huniscum, et duo pallia serica duximus destinanda. Aussi estoit-il estoffé de bouillons d'or enchassez de pierres precieuses, comme se peut encor voir aux sepulchres de plusieurs chevaliers du temps passé. Martial. lib. 14. semble l'appeler Parazonium.
Thresor de la langue françoyse. Jean Nicot.